Le coût réel d’un chien
Tous les postes de dépenses d’une vie de chien : installation, nourriture, soins, assurance, toilettage, garde, et l’effet de la taille, de la race et de la santé.
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Beaucoup de gens sous-estiment ce que coûte un chien. Le prix du chiot ou les frais d’adoption sont la dépense la plus visible, mais ce n’est qu’un début : un chien dépend de vous pour sa nourriture, ses soins et sa sécurité pendant toute sa vie, qui peut dépasser largement dix ans. Ce guide recense tous les postes à prévoir. Il ne donne volontairement aucun prix, car ceux-ci varient énormément d’un pays et d’une ville à l’autre. Servez-vous-en plutôt comme d’une liste de contrôle pour construire votre propre budget avec les prix locaux.
Pourquoi le total est plus élevé que vous ne le pensez
Les associations vétérinaires recommandent de prendre le temps d’établir un budget avant d’adopter un chien. La PDSA, une association vétérinaire caritative britannique, publie des estimations du coût minimal sur toute une vie, en insistant sur le fait que ce sont des minimums : elles n’incluent ni le prix d’achat, ni les frais vétérinaires en cas de maladie ou d’accident, ni les régimes spéciaux, le toilettage, les cours d’éducation, la garderie ou la pension. Malgré cela, son estimation minimale pour une grande race peut atteindre environ trois fois son estimation la plus basse pour une petite race.
Aux États-Unis, une enquête rapportée par l’American Kennel Club a montré que les propriétaires de chiens estimaient consacrer un peu plus de la moitié de leurs dépenses canines à la nourriture, près d’un quart aux soins de santé et environ un dixième aux jouets et accessoires. La même enquête a révélé que près d’un quart des propriétaires d’animaux s’étaient endettés à cause des besoins médicaux de leur animal. Les proportions varient d’un pays à l’autre, mais la leçon est partout la même : la nourriture et la santé dominent, et l’imprévu peut coûter cher.
1. Acquérir votre chien
- Frais d’adoption ou prix d’achat. Demandez ce qui est compris, comme les vaccins, l’identification ou la stérilisation. Si vous achetez un chiot, choisissez l’éleveur pour la santé et le bien-être plutôt que pour le prix ; voir comment reconnaître un éleveur responsable.
- Le déplacement pour aller chercher votre chien, si l’éleveur ou le refuge est loin.
2. L’installation
Ce sont surtout des dépenses ponctuelles, même si beaucoup d’articles s’usent et doivent être remplacés au fil des années :
- Lit et/ou caisse, couvertures
- Gamelles pour la nourriture et l’eau
- Collier, médaille d’identification, laisse et harnais
- Système de retenue pour la voiture ou caisse de transport
- Jouets, objets à mâcher et jouets d’occupation
- Matériel de toilettage, brosse à dents et dentifrice pour chien, shampooing
- Barrières pour bébé, produits de nettoyage, sacs à crottes
- Premiers vaccins, premiers traitements antiparasitaires, identification si elle n’a pas été faite, et éventuellement stérilisation
Notre guide sur quoi acheter avant l’arrivée de votre chiot reprend cette liste en détail.
3. Les dépenses régulières, mois après mois
- Nourriture et friandises. Généralement la plus grosse dépense régulière. Les grands chiens mangent davantage, et certains chiens ont besoin d’un régime spécial ou vétérinaire, qui peut coûter plus cher.
- Prévention des parasites. Traitements réguliers contre les puces, les tiques et les vers, selon votre région et les conseils de votre vétérinaire.
- Soins vétérinaires courants. Bilans de santé et rappels de vaccins annuels.
- Assurance, lorsqu’elle existe. Les contrats peuvent coûter plus cher pour les races sujettes à des problèmes de santé.
- Remplacements. Jouets, lits, laisses et harnais s’usent, surtout avec un chien qui mâchonne.
- Licences ou frais d’enregistrement, lorsque la réglementation locale les impose.
4. Les services dont vous pourriez avoir besoin
Selon votre mode de vie et la race de votre chien :
- Le toilettage. Les poils courts ne demandent guère plus qu’un brossage à la maison, mais les poils bouclés, longs ou durs peuvent nécessiter un toilettage professionnel régulier toute la vie. Le Caniche, le Bichon à poil frisé ou le Shih Tzu, par exemple, ont tous un pelage qui demande des soins fréquents.
- L’éducation. Cours pour chiots, et éventuellement l’aide d’un comportementaliste qualifié si des problèmes apparaissent.
- Promeneur et garderie, si votre chien devait sinon rester seul plus d’environ quatre heures.
- Pension ou garde à domicile quand vous voyagez sans votre chien.
Les dépenses souvent oubliées
Au-delà des postes évidents, quelques dépenses surprennent régulièrement les nouveaux maîtres :
- Les accessoires adaptés à votre climat et à vos activités, comme un manteau ou des bottines pour le froid, ou un gilet de sauvetage pour les chiens qui nagent ou voyagent en bateau.
- Les voyages avec votre chien, dont les frais de transport et les cautions des locations de vacances.
- Les sports canins et les loisirs. Si vous vous mettez à l’agility ou à une autre activité, prévoyez l’entraînement, le matériel et les frais d’inscription.
- L’aide comportementale, par exemple un comportementaliste qualifié si votre chien supporte mal la solitude, devient réactif ou craintif.
- Remplacer ce que votre chien détruit. Chaussures et meubles mâchonnés font partie de la vie avec beaucoup de chiots.
5. L’imprévu : maladies, accidents et urgences
C’est le poste qui prend les maîtres au dépourvu. Accidents, maladies soudaines, objets avalés et maladies chroniques peuvent coûter bien plus qu’une année de soins courants. C’est précisément pour cette raison que les estimations minimales de la PDSA excluent les frais vétérinaires en cas de maladie ou d’accident, et l’association recommande une assurance.
Certaines races ont plus de risques que d’autres d’avoir besoin de soins. Les races aux traits exagérés, comme une face très écrasée, des plis marqués ou des pattes très courtes, peuvent souffrir de problèmes douloureux liés à ces traits, par exemple des difficultés respiratoires avec une face écrasée ou des douleurs dorsales avec un dos long et bas, et leur assurance peut coûter plus cher. Se renseigner sur la santé de la race avant de choisir, et acheter chez un éleveur qui fait tester les parents, font partie des meilleurs moyens de limiter les coûts. Chaque fiche de race de Caninpedia comporte une section santé et des liens vers les tests de santé recommandés par les clubs de race.
Pour vous préparer :
- Comparez les contrats d’assurance lorsqu’ils existent, en vérifiant les exclusions et la prise en charge à vie des maladies chroniques.
- Mettez de côté une somme régulière dans une réserve d’urgence, que vous soyez assuré ou non.
- Sachez où se trouve le vétérinaire d’urgence le plus proche et comment fonctionnent ses tarifs.
6. La vieillesse
Prévoyez la possibilité de soins vétérinaires plus fréquents, de régimes spéciaux ou de médicaments lorsque votre chien vieillira. La durée de vie varie beaucoup selon les races : dans nos fiches, l’espérance de vie habituelle va d’environ 5 à 16 ans. Un petit chien qui vit longtemps peut rester à vos côtés bien plus de dix ans : pensez au voyage entier, pas seulement à la première année.
Comment la taille et la race changent le budget
- La taille. Une race naine comme le Chihuahua mange bien moins qu’une race géante comme le Dogue allemand, et son matériel est plus petit. Une enquête de l’American Kennel Club a aussi montré que les races géantes coûtent plus cher chaque année que les petites races.
- La durée de vie. Une vie plus longue signifie plus d’années de dépenses, mais aussi plus d’années ensemble. Nos classements des races qui vivent le plus longtemps et des races à l’espérance de vie la plus courte montrent l’écart.
- Le pelage. Les races qui ont besoin d’un toilettage professionnel ajoutent un service régulier pour toute leur vie ; notre classement des races les plus faciles à entretenir montre les pelages les plus simples.
- La santé. Les races sujettes à des maladies héréditaires fréquentes coûtent plus cher à assurer et à soigner.
- L’énergie et le tempérament. Un chien très énergique ou anxieux peut nécessiter plus de promenades, de garderie ou d’accompagnement éducatif.
Construire votre propre budget
- Listez tous les postes ci-dessus et cherchez les prix locaux pour la taille de la race choisie.
- Ajoutez un montant mensuel pour la nourriture, la prévention des parasites et l’assurance.
- Ajoutez un montant annuel pour les bilans vétérinaires, les vaccins et les remplacements.
- Ajoutez les services dont vous aurez besoin : toilettage, promenades, garderie, pension.
- Constituez une réserve pour les urgences.
- Multipliez le total annuel par l’espérance de vie habituelle de la race pour mesurer l’engagement sur le long terme.
Un chien rend bien plus qu’il ne coûte, à condition de pouvoir subvenir à ses besoins dans les bons comme dans les mauvais moments. Si vous hésitez encore, notre quiz « Trouver ma race » et le guide pour choisir son premier chien peuvent vous aider à trouver un chien adapté à la fois à votre vie et à votre budget.
Sources
Études, organisations vétérinaires et de protection animale et standards de race sur lesquels repose ce guide.
- The cost of owning a dog — PDSA (association vétérinaire caritative)
- Know the true cost of owning a dog — American Kennel Club (AKC)
- How to choose a healthier pedigree pet — PDSA (association vétérinaire caritative)
- New puppy checklist — PDSA (association vétérinaire caritative)







